Marquer son territoire, c'est ne pas avoir besoin d'être physiquement là pour être présent. J'ai, dans mon univers privé, quelques présences indélébiles d'êtres qui sont morts ou lointains. Pas beaucoup : disons une demi-douzaine. Et ceux-là m'accompagnent silencieusement, me sourient ou hochent la tête selon que j'agis positivement ou négativement. C'est ma bande de fantômes. On peut être fantôme de son vivant. Lorsque je joins les vifs de mon étrange "équipe", ils perdent automatiquement leur statut de fantôme pour se remettre à exister "normalement".
Mais je te bonnis des choses dont t'as rien à cirer, comme disait la cressonnière. Tu te dis : "le grand s'écoute penser; il fait une surdose de phosphore et devrait consulter". T'as raison : c'est pour me sentir moins seul. Je me fais penser au mec qui se frappe le buste de ses bras pour se réchauffer.